DANIEL MEUROIS : OÙ SONT PASSÉES LES LUMIÈRES? — @DanielMeurois

ᴄʀᴇᴅɪᴛ ᴘʜᴏᴛᴏ 📷 @DanielMeurois via Facebook

Une réflexion de Daniel Meurois

© Daniel Meurois

« J’ai toujours aimé la désormais vieille chanson de Gérard Manset intitulée ¨Lumières¨¹. On l’entendait parfois sur les ondes des radios dites branchées des années 80. Son refrain disait beaucoup et me touchait l’âme. Comme une longue plainte nostalgique, il clamait «Où sont passées les Lumières qui autrefois nous guidaient…?».

» Au ¨hasard¨ de la vie, il est venu me rechercher il y a peu de temps, peut-être plus puissant encore dans son questionnement, quelque quarante années plus tard, tandis que notre monde ne s’est de toute évidence pas embelli ni pacifié, bien au contraire… Oui, où sont donc passées les Lumières?

» Elles sont toujours là, n’en doutons pas, ai-je aujourd’hui envie et besoin de répondre. Elles ne se cachent pas… c’est nous qui les cachons par l’ombre portée de notre suffisance. C’est notre humanité tout entière qui continue de plus belle d’en détourner le regard. Une humanité qui persiste à faire mine qu’Elles n’existent pas et qui choisit plutôt d’intensifier sa marche vers l’Absurde.

» L’Absurde? Oui… le véritable Absurde, assurément. Je vois d’abord celui-ci dans la perte généralisée du sens du Sacré dans ce que la vie a de plus basique et hors de tout contexte spiritualiste. Cet absurde-là s’exprime par notre infirmité à pouvoir distinguer le Vrai, par notre incapacité à nous émerveiller… et par notre propension à vouloir tout niveler vers le bas, jusqu’à l’insupportable et l’horreur. Je l’ai encore entendu récemment faire son travail de sape au gré d’une conversation captée à la sauvette.

» On y prétendait pompeusement qu’il n’y a pas ou plus de Maîtres et que, de toute façon, il n’en fallait plus… Mon propre chemin de vie, qui commence à être long, m’a appris quant à lui à être tout aussi vigilant face à ceux qui tiennent un tel discours que face à ceux qui se réfèrent sans cesse à un Enseignant et ne peuvent rien faire sans l’assentiment de celui-ci.

» S’il est puéril de se cramponner mentalement à un Sage – ou réputé tel – comme à une béquille, nier la présence inspirante et le rayonnement exceptionnel de certains êtres est tout aussi révélateur d’autre forme d’immaturité, celle qui s’affiche avec l’orgueil.

» J’ai en effet toujours remarqué que ceux qui affirment qu’il n’y a pas de Maîtres ou qu’il n’en faut surtout plus sont généralement ceux qui aimeraient prendre leur place. S’ils cherchent à les rabaisser en en faisant des personnes bien ordinaires, c’est invariablement dans l’espoir de se rehausser eux-mêmes. Ils se disent ainsi plus lucides, plus libres qu’autrui. En fait, ils sont subtilement en quête de disciples.

» Ce que j’appelle la ¨démocratisation¨ de la notion de maîtrise est la marque d’une immense prétention et, par voie de conséquence, d’une non moins immense inconscience. Il existe un réflexe humain très classique qui consiste à essayer de rapetisser autrui lorsqu’on ne parvient pas à s’élever par soi-même.

» Mon propre tempérament n’a jamais fait de moi un dévot ¨accro¨ de tel ou tel Maître ou Sage. L’indépendance fait partie de mes outils et de ma signature d’âme… Néanmoins je me compte au nombre de ceux qui estiment qu’il faut avoir l’humilité de reconnaître la Maîtrise là où elle se trouve, l’humilité aussi de rechercher sa trace… car il lui arrive de se déguiser afin d’œuvrer plus librement.

» Bien sûr, j’affirme haut et fort que c’est d’abord notre ¨Christ intérieur¨ qu’il nous appartient de révéler… mais il n’empêche qu’il a bien fallu qu’il y ait un Christ historique, en chair et en os, pour nous en faire prendre conscience.

» À vrai dire, où en serait notre Humanité si les Maîtres de Sagesse n’existaient pas ou l’avaient désertée?

» Ce que je crois pouvoir affirmer, c’est que ces Sages, quels que soient leurs noms, ont modifié leur ¨stratégie¨ en tant que ¨jardiniers¨ de nos consciences. La liberté d’action que certains d’entre eux ont choisie en se faufilant à travers le monde trouve sa contrepartie dans une autre: celle qu’ils nous laissent en nous livrant davantage à nous-mêmes. La liberté accrue de se brûler à toutes les braises de l’égo met en évidence celles que l’on croyait parfois éteintes… La Lumière ne se satisfait pas de clair-obscur…

» Lorsqu’en 1981, j’ai eu le bonheur et le privilège de faire une incursion dans l’univers de Shambhalla, les Êtres que j’y ai rencontrés ont insisté sur le fait que tous les aspects pesants de l’ego devaient être vécus et épuisés jusqu’au bout car ils sont la marque de l’ignorance et que celle-ci doit être confrontée à elle-même pour enfin se transmuer en moteur de croissance.

» Leur conclusion était que les racines de l’esprit qui parvient à révéler enfin sa réelle grandeur plongent toujours dans le terreau de l’humilité. D’où vient un tel terreau? Il naît précisément du pourrissement de tous les orgueils.

» Alors où sont passées les Lumières qui nous guidaient? Elles se tiennent au bout de nos errances en cette ultime fin d’un grand cycle où toutes les valeurs sont inversées et tout se désassemble pour enfin exploser. Elles attendent que les usurpateurs, ceux que l’on peut pressentir à l’extérieur de nous comme ceux que nous nous nourrissons en nous se fatiguent.

» N’oublions surtout pas que Ceux qui ont atteint l’état de Maîtrise ont eux-mêmes patiemment allumé le Feu qu’Ils portent.

» Une dernière réflexion… Je suis étonné de voir de quelle façon un certain nombre d’entre nous rejettent le principe du ¨Maître¨ tandis qu’ils remettent leur propre pouvoir d’¨ascension¨ voire leur salut entre les mains de quelques présences extraterrestres à bord d’une flotte de vaisseaux spaciaux.

» Cela me fait étrangement penser à ces Chrétiens catholiques, lassés du dogmatisme de leur religion, que j’ai vus, au fil des années, embrasser le Bouddhisme avec un zèle reproduisant des schémas analogues à ceux qu’ils avaient fuis.

» Serions-nous donc des êtres de contradictions? Il serait peut-être temps de la reconnaître et de ne plus pérorer ici et là avec nos petites vérités…

» Bien qu’admirant beaucoup l’œuvre du chanteur et poète Francis Cabrel, certes plus actuel que Gérard Manset, je ne dirai pas comme lui «L’homme qui parlait d’Amour est parti sans laisser d’adresse»… Je dirai plutôt que c’est maintenant à nous de faire notre part. »

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¹ Gérard Manset Lumières 1984: YouTube

Daniel MEUROIS
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➡ Site web: danielmeurois.com

SOURCE DE CETTE PUBLICATION: @DanielMeurois

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