ECKHART TOLLE : Comment se défaire de l’identification au corps de souffrance — @stephane.chartier

Image provenant de @Eckharttolle via Facebook

Extrait du livre : Nouvelle terre: L’avènement de la conscience humaine.

Eckhart Tolle

« Une personne ayant un corps de souffrance fort et actif dégage une énergie particulière que les autres perçoivent comme étant extrêmement désagréable. Quand ils rencontrent une telle personne, certains individus sentent qu’ils veulent immédiatement s’en éloigner ou limiter le plus possible le contact. Ils sont repoussés par son champ énergétique.

D’autres individus sentiront une onde d’agressivité se diriger vers eux et ils se comporteront avec la personne de façon grossière ou l’attaqueront verbalement et, dans certains cas, physiquement. Ceci signifie qu’il y a chez eux quelque chose qui entre en résonance avec le corps de souffrance de l’autre personne. Ce à quoi ils réagissent si fortement se trouve aussi en eux. Il s’agit de leur propre corps de souffrance en action.

Il n’est pas surprenant que les gens ayant un corps de souffrance chargé et souvent actif se retrouvent régulièrement dans des situations conflictuelles. Bien entendu, il arrive parfois qu’ils les provoquent. Mais, d’autres fois, ils ne font rien, la négativité qui émane d’eux suffit à attirer l’hostilité et à engendrer le conflit. Il faut avoir un degré élevé de Présence pour éviter de réagir quand on est confronté à quelqu’un doté d’un corps de souffrance si actif. Si vous réussissez à rester présent, il arrive parfois que votre état de Présence permette à l’autre personne de sortir de son corps de souffrance et de s’éveiller miraculeusement. Même si cet éveil est de courte durée, le processus aura tout de même été amorcé.

Un des premiers éveils auquel j’ai assisté se produisit il y a plusieurs années. La sonnette de ma porte d’entrée retentit un soir vers 23 h. J’entendis la voix très anxieuse de ma voisine Ethel dans l’interphone :«J’ai besoin de vous parler. C’est très important. S’il vous plaît, ouvrez-moi !» Ethel était alors une femme dans la cinquantaine, intelligente et très instruite. Elle avait un gros ego et un corps de souffrance chargé. Elle avait fui l’Allemagne nazie quand elle était adolescente et plusieurs membres de sa famille avaient péri dans les camps de concentration.

Elle s’assit sur le canapé, agitée et les mains tremblantes. Elle sortit des lettres et des documents du dossier qu’elle avait apporté et les étala sur le canapé et le sol. J’eus soudainement l’étrange sensation qu’un rhéostat intérieur venait d’augmenter la luminosité intérieure de mon corps à la puissance maximale. Il n’y avait rien d’autre à faire que de rester ouvert, vigilant et intensément présent. Présent avec toutes les cellules de mon corps. Je la regardai sans pensée et jugement, et l’écoutai en silence sans aucun commentaire mental. Un flot de paroles jaillit de sa bouche. «Il m’ont encore envoyé une lettre pour m’embêter aujourd’hui. Ils mènent une vendetta contre moi. Vous devez m’aider. Il faut nous battre ensemble contre eux. Rien n’arrêtera leurs avocats véreux. Je vais perdre mon chez-moi. Ils menacent de m’exproprier.» J’avais auparavant saisi qu’elle refusait de payer les charges parce que les gestionnaires de l’immeuble n’avaient pas fait faire certains travaux. À leur tour, ils la menaçaient de la traîner en justice.

Elle déblatéra pendant dix minutes environ. J’étais assis, j’écoutais et je regardais. Tout d’un coup, elle s’arrêta de parler et promena son regard sur les papiers dispersés un peu partout comme si elle venait de sortir d’un rêve. Elle se calma et s’adoucit. Son champ énergétique avait complètement changé. Puis elle me regarda et me dit: «Tout ça n’est pas vraiment important, n’est ce-pas ?» «Non, ce n’est pas vraiment important», lui répondis-je. Elle resta assise en silence pendant encore quelques minutes, puis elle ramassa tous ses papiers et sortit. Le lendemain matin, elle m’arrêta dans la rue en me regardant d’un air soupçonneux. «Qu’est-ce que vous m’avez fait? La nuit passée, c’est la première nuit depuis des années où j’ai bien dormi. En fait, j’ai dormi comme un bébé.»

Elle croyait que je «lui avais fait» quelque chose, alors que, justement, je n’avais rien fait. Au lieu de me demander ce que j’avais fait, elle aurait dû me demander plutôt ce que je n’avais pas fait. Je n’avais pas réagi, je n’avais pas confirmé la réalité de son histoire, je n’avais pas alimenté son mental avec davantage de pensée ni son corps de souffrance avec davantage d’émotions. Je lui avais tout simplement laissé faire l’expérience de ce dont elle faisait l’expérience dans le moment, sans intervenir, sans faire quoi que ce soit. Être présent est toujours infiniment plus puissant que tout ce que l’on peut dire ou faire, bien que la présence puisse parfois s’accompagner de paroles ou de gestes.

Ce qui lui était arrivé n’était pas un basculement permanent dans la conscience mais un aperçu de ce qui était possible, un aperçu de ce qui était déjà en elle. Dans le monde Zen, un tel aperçu s’appelle «satori». C’est un moment de présence, une brève dissociation d’avec la voix qui parle sans arrêt dans votre tête, d’avec vos pensées et leurs répercussions dans le corps sous forme d’émotions. C’est un espace vaste qui se crée là où il n’y avait auparavant qu’enchevêtrement de pensées et tourment d’émotions.

Comme le mental qui pense ne peut comprendre la Présence, il l’interprète souvent mal. Il vous dira que vous êtes froid, distant, que vous n’avez aucune compassion, que vous ne savez pas établir de rapport avec les autres. Mais la vérité, c’est que vous établissez un rapport à un niveau beaucoup plus profond que la pensée et l’émotion. En fait, à ce niveau, il y a une véritable rencontre, une véritable fusion qui va au-delà du rapport de personne à personne. Dans la quiétude de la Présence, vous pouvez sentir l’essence sans forme en vous et en l’autre comme ne faisant plus qu’un. Faire l’expérience de l’unité entre vous et l’autre, c’est le véritable amour, la véritable bienveillance, la véritable compassion. »

ECKHART TOLLE
https://www.eckharttolle.com

SOURCE DE CETTE PUBLICATION: @stephane.chartier

Chères lectrices, chers lecteurs, Prenez avis que ce texte a été publié pour l’intérêt informatif qu’il représente en lien avec le thème abordé sur ce blog. Bien que je sois vigilante quant à la crédibilité de sa source, votre discernement doit prévaloir en tout temps. Utilisez-le. Votre hôtesse, Andree Boulay.


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