JEFF FOSTER : AU DEBUT, LES ARBRES ETAIENT DES ARBRES — @divinepagaille

Image provenant de lifewithoutacentre.com

« La forme est vide et la vacuité est forme. La vacuité n’est pas différente de la forme et la forme n’est pas différente de la vacuité. La forme quelle qu’elle soit, est la vacuité, et la vacuité est la forme. »

Sutra du coeur bouddhiste

« Laissez-moi vous raconter une petite histoire.

Au début, les arbres étaient des arbres, les montagnes étaient des montagnes, et les rivières étaient des rivières. J’étais une personne ordinaire vivant une vie ordinaire.

Puis, lorsque j’ai eu une vingtaine d’années, au sortir d’une profonde dépression qui m’avait presque conduit au suicide, je suis devenu un chercheur sérieux. Je suis devenu accro à l’idée de l’illumination spirituelle, j’y voyais l’échappatoire ultime à ce monde plein de souffrance et d’ignorance.

Le monde de la forme était devenu trop pour moi: je voulais m’échapper dans la vacuité, au-delà du monde, et y vivre. Je voulais me débarrasser de Jeff et de tous ses problèmes et résider dans l’absolu avec mon ami Bouddha. Je voyais si clairement les problèmes de l’existence: la permanence de chaque chose, l’inévitabilité de la mort, la nature illusoire du soi, la nature vide de tout phénomène et ma réponse à tout cela, c’était le détachement du monde.

Je suis allé trop loin et je suis tombé dans le vide.

Je me suis tant détaché que le monde n’avait plus aucune importance pour moi. Je restais coincé dans la vacuité. Les arbres n’étaient plus des arbres, les montagnes n’étaient plus des montagnes, et les rivières n’étaient plus des rivières. Plus rien n’avait de nom. La vie était devenue froide, sans joie. Il n’y avait pas de moi, pas de vous, pas de soi, pas d’autre, pas de monde, ni de passé, pas de chemin, pas de futur, pas d’amour, pas de vie, pas de sens.

Des jours durant, j’arpentais Oxford sans aucun but, il n’y avait absolument rien dans l’existence, rien ne se passait. Il n’y avait ni monde, ni souvenirs, rien, que le vide.

Je me rappelle être resté assis un temps infini sur les bancs des parcs. Des week-ends entiers passaient comme un claquement de doigt. Le soleil se levait et se coucher, la pluie tombait puis s’arrêter, des visages et des voix apparaissaient et disparaissaient dans le même instant, et je n’expérimentais rien de tout cela.

Seul le vide était réel, seulement le néant.

Le monde avait cessé d’exister pour moi.

Et je pensais être illuminé !… Je croyais que j’étais un homme réel, non pas un de ces ignorants qui étaient encore perdus dans le monde «relatif», une de ces personnes non spirituelles, qui ne savait rien de leur «vraie nature». Je pensais à cette époque, que c’était cela la non dualité: se détacher de la vie et demeurer dans le vide.

Ce que je ne pouvais pas voir alors, c’est que ce détachement total de la vie était complètement dualiste. Il faut une personne pour être détaché, et un monde pour en être détaché. Bien sûr, après une vie de souffrance, ce fut initialement un soulagement de trouver le vide et d’échapper à l’enfer qu’était devenue ma vie. Le vide toutefois s’était transformé en un autre piège.

Ce que j’avais complètement raté à l’époque, c’est que le vide est totale plénitude. Je demeurais dans la vacuité, mais il y avait encore un «moi» présent. Le vide ne s’était pas encore effondré dans la plénitude. Je n’étais pas encore mort. Je n’étais pas encore tombé amoureux de toutes choses. C’est ce vers quoi tout se dirigeait…

La liberté que j’avais trouvée au départ dans la vacuité, s’était transformée en prison. La liberté dans le sans forme était devenue un déni de la forme, mais comme nous le rappelle le sutra du cœur bouddhiste depuis des milliers d’années :

« La forme est vide et la vacuité est forme. La vacuité n’est pas différente de la forme et la forme n’est pas différente de la vacuité. La forme quelle qu’elle soit, est la vacuité, et la vacuité est la forme. »

Tout s’est effondré. Le déni de la forme ne pouvait plus tenir. Je ne peux pas le mettre en mots, mais si je pouvais ce serait quelque chose comme ceci: Jeff, après une autre journée de marche sans but à travers Oxford, une autre journée d’absolument rien, de détachement du monde, s’était écroulé sur l’herbe de la Christ Church Meadow, complètement épuisé, puis il avait levé la tête et regardé un rayon de soleil qui traversait les branches d’un arbre, et la vie dit: «VIS, BON SANG, VIS !» »

JEFF FOSTER
lifewithoutacentre.com

SOURCE DE CETTE PUBLICATION: @divinepagaille

Chères lectrices, chers lecteurs, Prenez avis que ce texte a été publié pour l’intérêt informatif qu’il représente en lien avec le thème abordé sur ce blog. Bien que je sois vigilante quant à la crédibilité de sa source, votre discernement doit prévaloir en tout temps. Utilisez-le. Votre hôtesse, Andree Boulay.


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