DANIEL MEUROIS : NOUS LES OISEAUX… — @DanielMeurois

Image provenant de Bing

Chers amis fidèles à mes parutions ou tout simplement de passage…

En ces jours de peurs organisées et de confusion totale, j’ai pensé bienvenu de replacer ici un texte qui date d’il y a quelques années. Vous comprendrez facilement pourquoi puisque nous n’en sommes qu’au début d’une décennie de chamboulements de notre décor, intérieur comme extérieur.

© Daniel Meurois

« J’ai été fasciné il y a quelques temps en observant le comportement d’un couple de perruches que j’ai pris en affection. Je venais juste d’intervenir dans leur vie en suspendant une seconde mangeoire aux barreaux de leur cage… Une marque d’attention, d’amour aussi afin d’ajouter au confort de leur petit univers.

Mal m’en a pris… Que venais-je de faire ? Les deux oiseaux se sont aussitôt figés sur leur perchoir, le cou tendu, le regard fixé sur le nouvel élément de ¨décor¨ que je venais de leur imposer… sans seulement avoir demandé leur avis.

C’était le matin… et ils sont restés ainsi pendant des heures, incapables de faire le moindre mouvement pour aller picorer la graine, ni dans la première mangeoire, ni dans la seconde.

Le soir venu, je me suis résolu à déplacer l’objet déclaré intrus en me disant que je ne l’avais sans doute pas placé d’une façon ¨oisellement correcte¨. Mais rien n’y a fait… Mes deux perruches n’ont pratiquement pas mangé ce jour-là, se contentant de grappiller un peu de nourriture sur un épi de millet suspendu près de leur perchoir-refuge.

Ce qui m’a stupéfié le plus, c’est cet extraordinaire regard de suspicion qu’elles ne cessaient de poser sur le nouvel élément proposé à leur petit monde… Plus le moindre saut d’un barreau à l’autre, plus même un seul de ces gazouillements joyeux dont elles avaient pourtant toujours été fort généreuses jusque là. Bref… leur belle cage blanche était devenue un lieu de pétrification et de silence.

Leur ordinaire avait été chamboulé, l’inquiétude y avait fait son nid et c’était la déprime, peut-être même l’angoisse. Assurément, j’étais le grand responsable d’une véritable révolution dans leur rapport au monde.

La nouvelle mangeoire était-elle dangereuse ? Allait-elle leur exploser au bec ? Signifiait-elle à mes perruches que celles-ci pouvaient désormais picorer à deux, en même temps, autrement dit sans la préséance de l’une sur l’autre ? Autant d’interrogations – et sans doute d’autres – pour elles qui venaient d’être soudainement perturbées, déstabilisées dans leur logique et leurs habitudes.

Vous l’avez peut-être deviné… ce couple d’oiseaux m’a rapidement fait penser à nous, les êtres humains. L’analogie m’a semblé flagrante même si, a priori, nous nous sentons plus libres et plus autonomes que deux perruches dans leur cage.

J’ai en effet souvent remarqué qu’un nombre très important de personnes éprouvent beaucoup de difficultés à introduire des éléments novateurs dans leur vie. Leur monde, généralement tout petit et bien circonscrit, s’est inventé son propre équilibre; il fonctionne en circuit fermé et il ne faut surtout pas s’aviser d’y intervenir car il s’accommode très bien de ses incohérences, de ses servitudes et de ses peurs.

Je ne parle pas ici, bien sûr, d’apports strictement matériels puisque les innovations technologiques font partie du formatage de base inhérent à notre espèce et à notre temps. Je parle d’intervention relatives au regard posé sur le monde, sur les attitudes mentales et émotionnelles, sur les comportements et, surtout, sur les grands concepts à partir desquels chacun se fait une idée de la vie et de la liberté qui lui suffit. En résumé, je parle de tout ce qui a pour fonction de faire de nous des êtres en évolution plutôt que les expressions d’une espèce végétative destinée à consommer et à se ¨photocopier¨ d’une génération à l’autre…

Si j’évoque ici cette façon d’¨exister¨ – et non pas de vivre – d’un certain nombre d’entre nous en me servant de l’exemple de deux petites perruches, c’est parce qu’il faut certainement plus que jamais travailler à la faire reculer dans notre monde.

Son immobilisme la mène à l’étouffement.

La plupart des scientifiques de pointe, des sociologues, des économistes, des historiens, des penseurs et des spiritualistes savent très bien que nous en sommes déjà entrés de plain pied dans une immense mutation d’ordre planétaire. Cela signifie que nous devons nous attendre à ce que de très importants composants de notre ¨décor¨ soient amenés à changer et à se réorganiser complètement. Cela induit, par voie de conséquence, qu’il est urgent que les mentalités humaines changent radicalement et s’ouvrent à de nouveaux possibles non encore répertoriés. Cela signifie enfin que c’est notre niveau de conscience collectif qui est invité à se hisser un peu plus haut sur l’échelle de l’Évolution… Il y a urgence. Faute de quoi notre nouvelle ¨mise au monde¨ – inéluctable puisque régie par des cycles – sera plus douloureuse qu’elle ne devrait l’être. On parle ici d’accouchement car c’est bien le terme qui convient aux années que nous vivons actuellement et qui nous attendent.

Bouger dans notre cœur, dans notre tête et par nos implications dans les mille aspects du quotidien s’impose donc si on veut éviter l’emploi des forceps.

C’est pour cela que j’écris et témoigne, c’est pour cela que vous lisez des textes comme celui-ci. C’est pour cela aussi qu’il faut avoir le courage individuel et collectif de s’engager davantage à réviser nos vieux schémas de raisonnement et de fonctionnement.

Que nous soyons d’accord ou pas, la Terre bouge, nos anciennes structures mentales se fissurent et nous sentons bien que ¨quelque chose¨ en nous réclame que nous repensions sans plus attendre l’organisation de notre demeure. Pour nombre d’entre nous qui ont les ailes rognées sans seulement le savoir, cela demandera un immense courage, je n’en doute pas.

Bien sûr, puisque nous sommes des humains, ce n’est pas une simple histoire de ¨graines¨ en plus ou en moins même s’il en manque tragiquement à beaucoup dans notre monde. C’est une question d’espaces intérieurs à créer, d’horizons à faire reculer ou – mieux encore – de portes à pousser.

J’ai connu un jour un bel oiseau dont je laissais la cage toujours grande ouverte et qui volait ainsi là où il le souhaitait. Il était à coup sûr infiniment plus heureux que mes deux petites perruches qui s’affolent dès que la porte de leur périmètre ¨sécuritaire¨ s’entrouvre… Il avait dépassé ses peurs.

Et vous, un bon coup d’aile, ça ne vous tente pas ? Pas tout le monde, je l’ai remarqué.

Alors… imagez qu’un de ces jours une civilisation extérieure à notre monde y fasse irruption… Je délire ? »

DANIEL MEUROIS
Daniel Meurois, Écrivain

SOURCE DE CETTE PUBLICATION: @DanielMeurois

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