DANIEL MEUROIS : COMMENT S’INSTALLE UNE DICTATURE? — @DanielMeurois

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Une chronique de Daniel Meurois

© Daniel Meurois – 19 Novembre 2020

Je me suis parfois posé cette question au fil des années et de mes réflexions en considérant l’histoire de notre humanité. Oui, comment certains peuples ont-ils pu, parfois pendant de fort longues périodes, accepter d’être soumis au joug de quelques gouvernants sans scrupules et de leurs idéologies insensées ?

J’avoue que cela restait quelque chose d’un peu abstrait pour moi jusqu’à ces derniers mois… Je me souviens des cours d’histoire et géographie de mon enfance puis de mon adolescence… c’est-à-dire d’un temps où ces deux disciplines existaient encore vraiment et autrement que sous forme de simulacres.

Sur les pages des manuels tout comme dans la bouche des professeurs, on n’avait finalement droit qu’à des états de fait… Untel avait pris le pouvoir à la faveur de telle ou telle circonstance et on mettait avant tout l’accent sur sa personnalité imprégnée de totalitarisme.

Bref, il semblait acquis que c’était le tempérament, la force de caractère ou l’avidité d’un général, d’un roi, d’un empereur qui avaient suffi à les porter au pouvoir puis à en faire des tyrans ou des dictateurs. Quelle simplification navrante !

Un homme, aussi autoritaire soit-il, n’impose jamais ses volontés s’il est seul… Il a besoin de quelques ¨aides¨. Je ne parle pas simplement des proches conseillers intrigants et exécutants qu’il sait réunir autour de lui mais du large réseau d’hommes et de femmes qui se met en place presque automatiquement sur le territoire qu’il entend gouverner à sa façon.

C’est toujours un réseau étonnant !

En effet, passé un certain cercle relativement restreint de privilégiés qui aspirent à leur part du gâteau, il n’est généralement fait que de ¨Monsieur et Madame Toulemonde¨. Je m’explique… Un tel réseau, qui ne prend d’ailleurs pas conscience de sa réalité, n’est constitué que de subalternes, qui ont eux-mêmes leurs subalternes, lesquels en désignent d’autres etc… pour finalement former une armée de collaborateurs serviles et asservissants.

La plupart des êtres humains que nous sommes, il faut le reconnaître avec lucidité, souffrent de multiples frustrations, frustrations dont ils essaient de se consoler dès qu’on leur donne ce qui ressemble à un pouvoir, aussi factice soit-il… Le pouvoir de faire aligner une file de personnes le long d’un mur, de coller des panneaux d’interdiction ici ou là, de réclamer un laisser-passer, de faire dire oui à contrecœur ou à contre-pensée… On connaît tous l’excuse, cent mille fois débitée comme une litanie chaque jour qui passe : « Ah désolé… ce n’est pas moi qui décide… »

Nul n’est jamais responsable de quoi que ce soit et surtout pas de sa complicité ! En poussant un peu plus l’observation, il y a aussi bien sûr le lâche pouvoir d’encourager à espionner, à dénoncer ou à mentir sous le prétexte fallacieux du ¨bien collectif ¨. Le pouvoir d’imposer des amendes, évidemment, lorsque nous ne sommes pas de ¨bons citoyens¨… c’est-à-dire pas de bons sujets conformes à la Sécurité de l’État, mère de tous les abus ¨louables¨.

Ah… nous y voilà… la sécurité ! L’argument premier de bien des dictateurs en herbe ou déjà en place… et la sécurité parce qu’il y a toujours la peur quelque part dans la majorité des ventres humains. Peur de quoi ? De tout. Peur de vivre puisque vivre signifie s’affirmer et prendre des risques.

C’est sur ces quelques constatations que s’érigent tranquillement les dictatures… Les petits besoins de pouvoir individuels, les craintes multiples qui font les lâchetés et, en conséquence, une servilité pleinement acceptée parce que suffisamment confortable… Voilà en définitive ce qui fait le pain quotidien de tous ceux que, lors de la dernière guerre mondiale, on appelait ¨les collaborateurs¨.

Ainsi que je l’écrivais il y a peu de temps : « Donnez ne serait-ce qu’un vague uniforme et un petit instrument procurant une illusion d’importance au premier venu et immédiatement celui-ci ne se verra plus et ne sera plus perçu comme le premier venu… mais comme un responsable crédible à qui il faut obéir. Nous en avons des exemples tous les jours. »

Alors ma question – dérangeante – est celle-ci : Jusqu’à quel point, dans le monde qui se met en place aujourd’hui, oui, jusqu’à quel point sommes-nous des collaborateurs ?

Faisons-nous partie de ce fameux réseau qui répercute un chapelet d’interdictions et d’obligations dont le nombre des ¨grains¨ ne cesse de se multiplier de jour en jour ? Oh… il ne faut pas grand chose pour s’y intégrer. C’est subtil. Il suffit de toujours être d’accord puisque le bon ton est de penser puis de répéter que tout, absolument tout, est décidé ¨pour notre bien¨.

Gageons qu’un jour cette page – et d’autres – sera purement et simplement supprimée des réseau sociaux. Vous n’en serez alors pas étonnés… Qui se souvient de cette phrase reproduite sur de nombreux murs en mai 68 ? : ¨Il est interdit d’interdire¨… Un demi-siècle plus tard, on est à ses antipodes. Allons… Ne faisons pas qu’espérer en levant les yeux au ciel puis en se lavant les mains de tout… Relevons-nous ! On ne va quand même pas se contenter de regarder le monde par la fenêtre !

DANIEL MEUROIS
Daniel Meurois, Écrivain

SOURCE DE CETTE PUBLICATION: @DanielMeurois

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