DANIEL MEUROIS : L’ABONNEMENT AU MALHEUR — @DanielMeurois

Image par Jill Wellington de Pixabay

Ami(e)s qui me lisez,

Il m’est déjà arrivé de publier cette chronique et je sais qu’elle ne plaît pas à tous… Si elle aide cependant à quelques prises de conscience ou sert, comme on dit communément, de « piqure de rappel » … alors peut-être aurai-je eu raison de la replacer ici…

© Daniel Meurois

Avez-vous déjà remarqué combien il existe de personnes aux dires desquelles tout va toujours mal ? Pas pour les autres, bien sûr, mais pour elles. Je suis persuadé que vous en connaissez tous dans votre entourage parmi famille et amis. En général, il n’y a pas bien loin à chercher car elles se font habituellement connaître à grands renforts de lamentations. Quelque chose de positif arrive soudain dans leur existence ? Elles s’empressent aussitôt d’en débusquer les mauvais côtés et vont en asperger autrui pas plus tard que dans l’heure qui suit…

J’en prendrai pour témoin cette personne que je connais et qui s’est vu offrir il y a quelque temps une cinquantaine de roses pour son anniversaire. Un cadeau fort touchant, me semble-t-il. Je me souviens l’avoir rencontrée le lendemain de l’événement. Que croyez-vous qu’elle faisait ? Elle se plaignait car… cinquante roses à entretenir, cela représentait évidemment beaucoup trop de travail ! Il allait falloir en tailler les queues, remplacer leur eau chaque jour afin que celle-ci ne croupisse pas dans le vase, etc… Et toute cette place que le bouquet occupait sur son buffet ! Sans compter qu’il lui fallait faire attention à ne pas le faire tomber d’un revers du coude. À quoi donc avait-on pensé en lui faisant un tel cadeau ?

L’anecdote est anodine, évidemment mais, si je la cite ici, c’est parce qu’elle est assez représentative d’un certain état d’esprit qui s’applique systématiquement à déconstruire la vie. Déconstruire la vie… Non, l’expression n’est pas trop forte. Certains d’entre nous, en effet, semblent avoir choisi de faire profession du défaitisme, quelles que soient les circonstances auxquelles ils sont confrontés. Ils vont donc sans cesse de jérémiades en bougonneries et traînent les pieds là où ils vont.

Une sorte de réflexe.

On a beau essayer de les aider, de les conseiller, de les soutenir dans les aléas de leur existence, on s’y épuise jusqu’à oser à peine se dire qu’on ne peut pourtant pas prendre sur soi la douleur du monde entier. Rien n’y fait… Nous ne les « comprenons pas », paraît-il.

Le comble est que ce que j’appelle ¨l’abonnement au malheur¨ de ces personnes parvient même ultimement, parfois, à nous culpabiliser. En fait, ce qu’elles n’ont pas compris c’est que les pensées sombres se sèment aussi sûrement que le chiendent. On en cueille autant qu’on le veut. Quand on prend le faux-pli d’en jeter à la volée autour de soi, c’est assurément notre cour puis notre jardin et enfin notre petit univers qui bénéficient d’une abondante récolte de pessimisme.

Alors on s’y enlise… et on aimerait que chacun nous suive dans le mouvement !

Ce que ces personnes-là n’ont pas non plus compris c’est que la pensée et – plus simplement – le regard que l’on pose sur le monde, ce n’est pas ¨rien¨ ou tout au plus quelque chose de vague qui s’évapore dans une sorte de néant. C’est de l’énergie en action, c’est le moteur de la vie qui se façonne à chaque instant.

Ainsi sommes-nous tous responsables du paysage d’âme dans lequel nous vivons. Il se sculpte à l’image de ce qui habite non seulement notre tête mais aussi notre cœur. C’est nous et personne d’autre que nous qui, au bout du compte, générons les événements et les circonstances de notre chemin. Offrons de la joie et de l’espoir et ceux-ci reviendront vers nous plus vite qu’on ne le croit jusqu’à devenir nos carburants de chaque instant… quelles que soient les difficultés rencontrées.

Combien de fois n’ai-je pas entendu Monsieur ou Madame Untel déclarer comme un leitmotiv et avec force soupirs « Personne ne m’aime. Je ne vois personne et on ne m’invite nulle part… ». Les premiers temps, cela me faisait monter la larme à l’œil et j’essayais de trouver des mots de réconfort, ceux qui viennent spontanément et qui, bien souvent, n’arrangent malheureusement pas grand chose. Je m’évertuais aussi à inventer des solutions possibles pour apporter des soulagements à des fardeaux apparemment terribles…

Hélas, j’ai toujours dû me rendre à l’évidence : le puits était sans fond.

Finalement, j’ai touché du doigt ce que je pense être la véritable nature du problème et qui rejoint ce que j’ai déjà signalé plus haut : C’est notre capacité de générosité face à la vie qui en détermine la saveur et la couleur. C’est l’amour qui appelle l’amour, le don qui fait surgir en retour un autre don, bref la lumière qui stimule l’apparition d’une autre lumière.

« Je déplore qu’on ne m’aime pas ? Mais moi-même, est-ce que j’aime autrui ? M’en suis-je déjà préoccupé ? N’ai-je pas plutôt toujours attendu qu’on vienne vers moi comme si l’intérêt des autres m’était obligatoirement dû ? » Les vraies questions à se poser sont là.

Oui, je le répète, la joie et l’espoir, ça se sème et ça s’entretient. Quand on l’a compris, même face à l’adversité, notre coupe est toujours d’avantage à moitié pleine qu’à moitié vide. Le principe d’abondance dont on a beaucoup parlé ces dernières années ne s’applique pas seulement à l’aspect matériel de notre vie. Il repose sur un état d’esprit qui nous révèle en tant que créateurs de notre destin. C’est lui qui nourrit notre être.

Si vous décidez que rien n’ira jamais, alors il est certain que vous ne ferez jamais qu’accumuler les nuages au-dessus de votre tête et que vous irez même jusqu’à en inventer les jours où, par hasard, le soleil s’aventurerait du côté de chez vous. Il faut comprendre que l’abonnement au malheur et à la désillusion est une sorte de virus que l’âme s’auto-inocule. Le tout est de s’en rendre compte et d’avoir l’humilité de se poser les bonnes questions quand on se sent concerné par le sujet.

Personnellement, je ne crois pas qu’il existe un seul virus dont on ne puisse pas venir à bout. Je crois savoir par contre que notre âme a besoin de tout expérimenter au fil des vies qui lui sont offertes, qu’elle a besoin de visiter un grand nombre d’impasses, surtout celles où il y a du chiendent à foison. Pourquoi donc ? Pour finalement oser la lucidité, celle qui nous permet de prendre conscience non seulement de l’intelligence des lois de la Vie mais surtout de la générosité de Celle-ci.

Notre premier modèle, ce devrait être la Vie avec un grand V… car elle n’est qu’Échange permanent.

DANIEL MEUROIS
Daniel Meurois, Écrivain

SOURCE DE CETTE PUBLICATION: @DanielMeurois

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