ECKHART TOLLE : L’illusion de la possession — @stephanechartier

Image provenant de @stephanechartier_10 09 2020

Extrait du livre : Nouvelle terre: L’avènement de la conscience humaine.

Qu’est-ce que « posséder quelque chose » veut vraiment dire ? Qu’est-ce que s’approprier quelque chose signifie réellement ? Si vous êtes dans une rue de New York et que vous pointez du doigt un gratte-ciel en disant « Ce gratte-ciel m’appartient », vous êtes soit très riche, soit un fieffé menteur ou bien un fou. Dans les trois cas, vous racontez une histoire où la forme pensée « je » fusionne avec la forme-pensée « gratte-ciel ». C’est ainsi que fonctionne le concept mental de la possession. Si tout le monde tombe d’accord avec votre histoire, des documents seront signés pour confirmer cet accord. Vous êtes donc riche. Si personne ne tombe d’accord avec vous, on vous enverra voir un psychiatre. Vous êtes fou ou mythomane.

Que les gens tombent d’accord ou pas, il est important de reconnaître que l’histoire et les formes-pensées constituant cette histoire n’ont absolument rien à voir avec ce que vous êtes en essence. Et même si les gens tombent d’accord, il s’agit en bout de compte d’une fiction. Bien des gens ne réalisent que sur leur lit de mort et quand tout ce qui est extérieur s’effondre, que jamais quoi que ce soit, jamais une chose, n’a eu à voir avec ce qu’ils sont en essence. À l’approche de la mort, toute la notion de possession se révèle finalement totalement insignifiante. Dans les derniers moments de leur vie, ces gens réalisent aussi, alors qu’ils ont cherché un sens plus profond de leur Moi tout au cours de leur vie, que ce qu’ils cherchaient vraiment, c’est-à-dire leur être, avait toujours été là. Mais leur identification aux choses, autrement dit au mental, le leur avait caché.

« Bénis soient les pauvres d’esprit », a dit Jésus, « car leur royaume sera celui des cieux. » Qu’est-ce que « pauvres d’esprit » signifie ? Tout simplement pas de bagage intérieur, pas d’identification. Pas d’identification aux objets, aux concepts qui contribuent à renforcer le sens du Moi. Et qu’est le royaume des cieux ? La simple et profonde joie de l’Être qui est là lorsque vous lâchez les identifications et devenez « pauvre d’esprit ».

C’est la raison pour laquelle le renoncement à toute possession est une vieille tradition spirituelle aussi bien en Orient qu’en Occident. Mais le renoncement aux possessions ne vous libère cependant pas automatiquement de l’ego. Ce dernier essaiera d’assurer sa survie en trouvant autre chose à quoi s’identifier, par exemple à l’image mentale de vous en tant que personne ayant transcendé tout intérêt pour les possessions matérielles et étant par conséquent supérieure et plus spirituelle que les autres. Il y a des gens qui ont renoncé à tout mais qui ont cependant un plus gros ego que celui de certains millionnaires.

Si vous lui soustrayez une sorte d’identification, l’ego se hâtera d’en trouver une autre. Finalement, peu lui importe ce à quoi il s’identifie, pourvu qu’il s’identifie à quelque chose. Le mouvement contre la consommation ou contre la propriété privée est une autre forme-pensée, une autre position mentale, qui peut remplacer l’identification aux possessions. Cette position peut vous donner raison et donner tort aux autres. Comme nous le verrons plus loin, avoir raison et donner tort aux autres est un des principaux schèmes mentaux de l’ego, une des principales formes de l’inconscience. Autrement dit, même si le contenu de l’ego change, la structure mentale qui le maintient en vie ne change pas, elle.

Inconsciemment, il y a, entre autres suppositions, qu’en s’identifiant à un objet par la fiction de la possession, la solidité et la permanence apparentes de cet objet matériel conféreront une plus grande solidité et une plus grande permanence au sentiment que vous avez de votre Moi. Ceci est particulièrement vrai dans le cas des immeubles et encore plus dans celui des terrains, puisque c’est la seule chose, selon vous, que vous pouvez posséder qui ne peut être détruite. L’absurdité de la notion de propriété, de possession, est encore plus évidente dans le cas de la terre. À l’époque où les Blancs s’installèrent en Amérique du Nord, la notion de possession de terres par l’homme était totalement incompréhensible aux autochtones. C’est pour cette raison qu’ils les perdirent lorsque les Européens leur firent signer des bouts de papier qui leur étaient tout aussi incompréhensibles. À leurs yeux, c’était eux qui appartenaient à la terre, pas la terre qui leur appartenait.

L’ego a tendance à assimiler l’avoir à l’être : j’ai, donc je suis. Et plus j’ai, plus je suis. L’ego vit de comparaison. La façon dont les autres vous voient devient la façon dont vous vous voyez. Si tout le monde habitait dans un château ou que tout le monde était riche, votre château ou votre fortune ne vous servirait plus à renforcer votre sentiment du Moi. Pour vous distinguer, vous pourriez aménager dans une hutte toute simple, renoncer à vos richesses et retrouver une autre identité en vous considérant et vous faisant considérer comme plus spirituel que les autres.

La façon dont les autres vous considèrent devient le miroir qui vous dit qui vous êtes et de quoi vous avez l’air. Le sens que l’ego a de votre valeur personnelle est dans la plupart des cas associé à la valeur que vous avez aux yeux d’autrui. Comme vous avez besoin des autres pour conférer un sens à votre Moi, et si vous vivez dans une culture qui associe dans une grande mesure la valeur personnelle à la fortune et aux possessions, et aussi si vous ne savez pas démystifier cette illusion collective, vous serez condamné à la quête des objets pour le reste de vos jours dans le vain espoir d’y trouver votre valeur personnelle et d’atteindre la réalisation de votre essence.

Comment se débarrasser de l’attachement aux objets ? N’essayez même pas, c’est impossible. L’attachement aux objets s’efface de lui-même quand vous n’essayez plus de vous trouver en eux. Entre-temps, soyez juste conscient de votre attachement. Parfois, vous ne savez même pas que vous êtes attaché à quelque chose, c’est-à-dire identifié à ce quelque chose, jusqu’à ce que vous le perdiez ou qu’il y ait une possibilité de le perdre. Si vous vous retrouvez contrarié, anxieux, etc., cela signifie que vous y êtes attaché. Si vous êtes conscient que vous êtes identifié à une chose, l’identification cesse d’être totale. « Je suis la vigilance qui est consciente de cet attachement. » C’est ainsi que commence la transformation de la conscience.

ECKHART TOLLE
https://www.eckharttolle.com

SOURCE DE CETTE PUBLICATION: @stephanechartier

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