JEFF FOSTER : LA NAISSANCE DE L’ESPOIR: UN VOYAGE AU FIN FOND DU TRAUMATISME — @catherine.beaumontleger

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Image par Pete Linforth de Pixabay

« En tant que personne qui s’est remise de ce que nous appelons maintenant le stress post-traumatique, je veux partager ma découverte la plus importante, le principe et l’intuition qui m’ont sauvé la vie, ont modifié mon destin et finalement mené à une guérison profonde.

La découverte ? L’éveil à ma propre Présence indestructible. Découvrir qui je suis vraiment, ce lieu calme et abandonné au milieu de la tempête somatique, émotionnelle et psychologique du corps-esprit. La lumière sacrée non duelle dans l’obscurité.

Peu importe à quel point mes sentiments sont devenus intenses et terrifiants au fil des ans ;

Peu importe comment les muscles de mon corps sont devenus tendus et contractés ;

Peu importe la façon dont mon esprit s’est emballé, a tourné et dramatisé sur chaque petite chose ;

Peu importe à quel point les voix intérieures de la peur et de la honte sont devenues fortes et violentes ;

Peu importe comment je me suis écarté, dissocié de mon corps, je me suis engourdi, je me suis perdu dans des cauchemars ;

Peu importe combien il était parfois difficile de respirer au milieu de l’angoisse, paralysé par l’anxiété sociale et ce sentiment écrasant d’indignité au cœur de tous les traumatismes ;

Peu importe le nombre de fois où j’ai fui dans l’addiction : bouffe, jeux informatiques, soumission et complaisances, fantasmes, surmenage, haine de soi, manipulation ;

Peu importe combien les choses allaient mal, il y avait un endroit sûr où je pouvais toujours retourner, un sanctuaire du Soi.

Bien sûr, j’ai souvent oublié cet endroit sûr. Bien souvent, je me suis à nouveau perdu dans le tourbillon du traumatisme. Mais à un moment, je me souvenais : Fais confiance. Respire. Il n’y a rien à craindre. Les pensées, les sentiments et les sensations corporelles n’ont jamais fait de mal à personne.

«Tu es ici. C’est maintenant. Tu n’es pas dans le passé. Tu n’es pas dans le futur. Tu es ici. Maintenant. Tu respires. Tu es en sécurité…»

Parfois, le travail de récupération me semblait impossible à faire par moi-même. Souvent, j’ai pleuré dans les bras de ma compagne ou d’un ami cher. Une ou deux fois, j’ai sangloté dans les bras d’un étranger.

Parfois, j’ai dû écrire ma douleur, tout écrire sur du papier, laisser le papier me tenir et m’ancrer et me donner de l’espoir.

Parfois, je sentais que j’allais mourir ou devenir fou. Probablement des milliers de fois, je me suis imaginé qu’on m’emmènerait dans une camisole de force ou un cercueil.

Et puis, je quittais de nouveau ma tête, les pensées et leurs myriades d’avenirs, et je retombais sur cette putain de terre. Sur terre. Dans le canapé, le lit, l’herbe, le jour de la vie, la réalité. Et arrivaient alors, des larmes ou des tremblements. Ou un feu spontané: le sentiment de ma propre puissance animale.

«Ici Jeff. Reviens ici…»

La guérison est désordonnée. Elle est parfois terrifiante. Bien sûr, certains jours, elle peut être sereine. Il n’y a pas de « bonne façon » de guérir. Nous apprenons à attendre les hauts et les bas. Nous apprenons à nous attendre au désespoir, à la joie et à la confusion.

Parfois, la guérison peut venir de manière inattendue à travers une scène d’un film, à travers un morceau de musique, un passage dans un livre, ou un moment de calme dans un centre commercial.

Parfois, une œuvre d’art, un poème, une conversation avec un ami, m’ont guéri, inspiré, apaisé et m’ont amené à la Présence plus rapidement et plus profondément que n’importe quel thérapeute ou technique de guérison.

Parfois, me sentant incapable de continuer, incapable de m’échapper, le seul endroit où je pouvais aller était au cœur de ma douleur la plus profonde, dans la blessure d’abandon elle-même, au cœur de la dissociation et de l’engourdissement. Comme mon esprit le craignait, je prenais le risque de laisser cela me tuer.

Et à chaque fois, alors que je me tournais vers la dépression de l’abandon, la fatigue cosmique, le sentiment brûlant d’isolement, le vide, le noyau hurlant du traumatisme, à chaque fois, putain, cela ne me tuait pas !

Et à chaque fois, putain ! J’ai trouvé que c’était l’endroit le plus sûr où être.

Et à chaque fois, putain, j’y ai trouvé un soulagement, une relaxation, même de douces larmes de guérison, à cet endroit où je pensais que je rendrais mon dernier souffle.

Dans l’endroit le plus sombre, j’ai trouvé une nouvelle créativité, un nouvel amour, une nouvelle vie.

J’ai appris à bénir mon doux corps, qu’il soit en mode combat ou fuite, ou en mode «sortez-moi de ce maintenant !» ; à bénir les palpitations et les membres tremblants et la sueur et les nausées et cette sensation affreuse qui coule dans le ventre et ce terrible sentiment d’urgence à déguerpir.

J’ai appris à faire confiance à tout, même en détestant tout ça parfois ! Je me suis appuyé sur cette confiance, même si des fois c’était vraiment difficile de faire confiance.

J’ai commencé à devenir le parent – la mère et le père – que je n’ai jamais eu. Celui qui est resté avec moi dans les fosses de l’enfer, qui m’a tenu serré et murmuré : «Je suis là. Tu es en sécurité. C’est juste l’intensité du passage de l’esprit et du corps et il n’y a rien à craindre. Rappelle-toi de respirer, et ça passera, comme toujours. Je suis ici avec toi à travers chacune de tes respirations…»

J’ai appris à être avec celui qui est abandonné à l’intérieur, cette terrible dépression solitaire et fulgurante au fond de tous les traumatismes.

J’ai appris à voir que c’était juste un sentiment appelant à l’amour, que cela ne me définissait pas, que ce n’était pas une menace, mais une partie exquise de l’existence elle-même, qui n’avait pas à être guérie ou vaincue, mais aimée.

Oui, j’ai appris à me lier d’amitié avec celui qui est seul en moi, celui qui est abandonné, celui qui veut mourir. J’ai appris à respirer avec lui et à le voir comme une partie effrayée de moi qui a désespérément besoin de mon amour. J’ai appris à prendre soin de l’enfant perdu.

J’ai découvert que j’étais plus grand que mon esprit effrayé, plus grand que tout sentiment, aussi intense soit-il, plus grand que le chagrin, plus grand que le traumatisme lui-même, plus grand que ma propre notion limitée de moi-même. Les couches de honte et de peur ont commencé à se dissiper, les couches de dépendance, les couches de mental, les couches qui essayaient seulement de me «protéger» de la vie brute, de mon moi brut, de mes sentiments bruts, de mes sensations corporelles et de ma vérité brute.

Alors que tous ces mécanismes d’adaptation dépassés s’effondraient, j’ai réappris à voir et à aimer mes imperfections. À me réjouir de mes merveilleuses erreurs. À rire de l’absurdité de mes passages. À me laisser abattre parfois, à abandonner parfois, à capituler, à ne pas savoir. À me laisser voir par les autres, en cessant de refouler mon authenticité et ma bizarrerie, en cessant d’essayer d’être une copie conforme. Pour poursuivre mon propre chemin, merveilleux, effrayant et original.

Me laisser aller à oublier, me souvenir, et oublier encore.

De me laisser humilier, souvent.

Pour recommencer, chaque jour.

Il y a cent autres choses que je pourrais te dire sur mon parcours de guérison. Mais si je ne te laisse qu’une seule chose pour l’instant, que ce soit ceci… Il y a en toi une place de sécurité absolue, d’innocence, de calme, de pureté. Elle est ancienne et sage et a survécu à un milliard de cauchemars.

Elle est sans nom, cristalline, aussi douce que le plus fin des cachemires, plus résistante que le diamant et plus aimante que tout ce que tu peux imaginer. Tel un nouveau-né, c’est intrépide et pourtant, cela porte la plus grande terreur.

Ce n’est pas une destination.

Ce n’est pas un endroit où tu arriveras un jour.

Ce n’est pas une utopie lointaine.

Cela ne peut pas t’abandonner.

C’est Dieu devant Dieu.

C’est toi, ton moi le plus profond, avant tout traumatisme.

Obscurci parfois, oui, mais jamais vraiment perdu.

C’est l’œil de la tempête. Totalement immobile. Totalement serein. Totalement puissant.

Je suis plein de gratitude pour ma douleur psychologique la plus profonde. Elle m’a montré le chemin de la maison. Elle m’a ouvert à ma vulnérabilité sacrée et au précieux de cette existence humaine. Elle m’a appris des choses que la joie, la satisfaction et toutes les formes de réussite sociale ne pourraient au grand jamais enseigner.

Mon traumatisme m’a emmené aux rives de la mort, oui, mais il m’a ensuite réveillé à une abondance de vie.

Il y a tellement d’espoir, mon ami.e.

Il y a tellement d’espoir. »

JEFF FOSTER
https://www.lifewithoutacentre.com

SOURCE DE CETTE PUBLICATION: @catherine.beaumontleger

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Image par monicore de Pixabay
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