ECKHART TOLLE : Identification aux choses — @stephanechartier

Photo de Pew Nguyen provenant de Pexels

( Extrait du livre : Nouvelle terre: L’avènement de la conscience humaine.)

Les spécialistes du monde de la publicité savent très bien que s’ils veulent vendre ce dont les gens n’ont pas vraiment besoin, ils doivent les convaincre que ces choses ajouteront quelque chose à la façon dont ils se voient ou dont ils sont vus par les autres.

Autrement dit, ces choses ajouteront quelque chose au sens qu’ils ont d’eux-mêmes. C’est ce qu’ils font en vous disant par exemple que vous vous distinguerez des autres en employant tel ou tel produit, ceci sous-entendant que vous serez plus pleinement vous-même. Ou bien ces spécialistes créeront une association dans votre esprit entre le produit et une personne célèbre, une personne jeune et attirante ou une personne qui a l’air heureuse. Même les photos de célébrités âgées ou décédées les montrant dans la force de l’âge fonctionnent bien.

La supposition silencieusement suggérée est que, en achetant le produit et par quelque geste magique d’appropriation, vous deviendrez comme eux, ou plutôt comme l’image qu’ils renvoient. Alors, dans bien des cas, vous n’achetez pas un produit, mais un « renforceur d’identité ». Les étiquettes de grande marque sont fondamentalement des identités collectives que vous « achetez ». Comme elles coûtent cher, elles ont par conséquent un caractère d’exclusivité.

Si tout le monde pouvait les acheter, elles perdraient leur valeur psychologique et tout ce qu’il vous resterait, ce serait leur valeur matérielle, qui ne correspond qu’à une fraction de ce que vous avez payé.

Les choses auxquelles vous vous identifiez varient selon les personnes, selon l’âge, le genre, le revenu, la classe sociale, la mode, la culture, etc. Ce à quoi vous vous identifiez concerne le contenu, alors que la compulsion inconsciente à l’identification concerne la structure. C’est une des façons les plus fondamentales dont le mental fonctionne.

Paradoxalement, ce qui maintient la soi-disant société de consommation active, c’est le fait que la tentative de se retrouver dans ces objets ne fonctionne pas. Comme la satisfaction de l’ego est de courte durée, vous en voulez davantage. Donc, vous continuez d’acheter, de consommer.

Bien entendu, dans cette dimension physique où notre moi de surface réside, les choses font nécessairement et inéluctablement partie de nos vies. Nous avons besoin d’un toit sur la tête, de vêtements, de meubles, d’outils, de moyens de transport. Il se peut également que nous accordions de la valeur à certains objets en raison de leur beauté ou de leur qualité intrinsèque. Il ne faut pas mépriser le monde des choses, il faut l’honorer.

Chaque chose possède son essence propre, chaque chose est une forme temporaire dont l’origine remonte au grand Tout sans forme, à la source de tous les objets, corps et formes. Dans la plupart des cultures anciennes, les gens croyaient que tout, même les objets soi-disant inanimés, possédait un esprit. À cet égard, ces gens étaient plus près de la vérité que nous le sommes de nos jours. Quand vous vivez dans un monde tétanisé par l’abstraction mentale, vous ne percevez plus la vitalité de l’univers. La plupart des gens n’évoluent pas dans une réalité vivante, mais dans une réalité conceptuelle.

Mais nous ne pouvons pas véritablement honorer les objets si nous les employons pour renforcer notre identité, autrement dit si nous essayons de nous trouver en eux. C’est exactement ce que l’ego fait. L ’identification de l’ego aux objets crée un attachement à ces derniers, une obsession des objets, qui à son tour crée une société de consommation et des structures économiques où la seule mesure de progrès est l’« éternel plus ».

La quête sans frein de ce plus, d’une croissance infinie est un dysfonctionnement, une maladie. Il s’agit du même dysfonctionnement que l’on trouve chez les cellules cancéreuses dont le seul but est de se multiplier, inconscientes du fait que cette même multiplication amène leur propre destruction en détruisant l’organisme dont elles font partie. Certains économistes sont tellement attachés à la notion de « croissance » qu’ils ne peuvent se défaire de ce terme, qualifiant une récession de période de « croissance négative ».

Une grande partie de la vie de bien des gens est vouée à une préoccupation obsédante des choses. C’est pour cette raison qu’un des maux de notre époque est la prolifération d’objets. Quand vous ne pouvez plus sentir la vie en vous, il est probable que vous la remplirez d’objets. Je vous suggère, comme pratique spirituelle, d’observer le rapport que vous entretenez avec le monde des objets. Observez particulièrement ce rapport en ce qui concerne les objets précédés de l’adjectif possessif « mon » ou « ma ».

Il vous faudra faire preuve de vigilance et d’honnêteté pour découvrir si le sens que vous avez de votre valeur personnelle est lié à vos possessions. Certaines choses vous donnent-elles un subtil sentiment d’importance ou de supériorité ? Le manque de certains objets vous fait-il sentir inférieur à ceux qui en ont plus que vous ?

Mentionnez-vous avec désinvolture les choses que vous possédez ou les étalez-vous pour renforcer le sens de votre valeur personnelle aux yeux d’une autre personne et, par le fait même, aux vôtres ? Éprouvez-vous du ressentiment ou de la colère, et vous sentez-vous diminué sur le plan de votre valeur quand quelqu’un possède plus que vous ou quand vous perdez une possession précieuse ?

ECKHART TOLLE
https://www.eckharttolle.com

SOURCE DE CETTE PUBLICATION: @stephanechartier

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